Municipalia 2021

Salon des mandataires au palais des congrès Wallonie Expo (WEX) de Marche-en-Famenne.

Discours inaugural de Christophe Collignon, ministre des pouvoirs locaux et de la ville

C’est avec un immense plaisir que je vous retrouve, enfin, tous ensemble et face à face, à l’occasion de notre salon. Pas mon premier salon des mandataires, loin de là, mais le premier qu’il m’est donné d’inaugurer.

 

Après la pandémie, nous aurions préféré nous retrouver dans d’autres circonstances que celles des inondations ; inondations qui ont endeuillé la Wallonie et qui plongent quantité d’élus et de familles dans les difficultés quotidiennes. Mais ces épreuves que nous surmontons en commun ont encore renforcé la solidité du socle de l’action locale, et l’évidence du partenariat avec la Région.

 

Les impératifs des deux crises ont à nouveau souligné la capacité des bourgmestres et des autorités communales à faire face aux aléas ; leur capacité d’assumer des responsabilités toujours plus complexes, avec des moyens souvent limités.

 

La population — toujours plus exigeante — ne s’y est pas trompée. Elle crédite les élus de proximité d’une confiance qu’elle accorde chichement aux autres niveaux de pouvoir.

 

Les communes ont toujours été le fondement de la démocratie. Elles le sont encore aujourd’hui. Face aux tentations populistes ou autoritaires, elles entretiennent un lien de citoyenneté, dont la rupture nous exposerait à divaguer vers les aventures les plus funestes. D’où l’importance de cultiver ce lien privilégié, pour remailler l’ensemble de l’édifice démocratique.

 

C’est l’enjeu de la crédibilité ! Et la crédibilité passe par l’action.

 

Depuis des mois, nous faisons face à l’urgence, dans un contexte de gestion de crises quasi permanent. Mais nous le faisons en pensant déjà à l’après ; à la reconstruction des zones sinistrées et à la relance de l’ensemble de notre territoire.

 

Pour la Wallonie comme pour l’Europe, la période dont nous nous extirpons doit marquer une rupture dans la manière de construire l’avenir. À la lumière des défis planétaires, à relever sur le terrain, jamais la formule « investir dans notre avenir à tous » n’a été aussi forte de sens.

 

Ainsi, le Gouvernement wallon considère les villes et communes comme des vecteurs majeurs de développement. Ce qui leur vaut une place centrale dans le plan de relance régional.

 

Mon approche vise donc à soutenir l’ensemble des communes, pour qu’elles puissent répondre aux attentes de leurs habitants mais aussi tenir leur rôle de premier investisseur public.

Et pour n’omettre aucune partie du territoire wallon ni aucun type de commune, mon action se décline sous la forme d’un triptyque.

 

Ainsi, je suis fier d’impulser en Wallonie une première véritable politique intégrée de la ville, centrée sur nos neuf pôles de plus de 50 000 habitants.

 

Le phénomène urbain est aujourd’hui incontournable. 70 % des Européens habitent dans les agglomérations, qui génèrent 85 % du PIB. Mais, surtout, nous sommes tous désormais à la fois urbains et ruraux. Nous avons tous besoin d’espaces naturels et, tous, nous utilisons l’offre culturelle, scolaire, médicale ou de services que concentrent les pôles urbains. D’où l’importance de cette politique qui, sur la période 2021-2026, consacrera 280 millions d’euros régionaux aux projets locaux développés en adéquation avec les priorités régionales et le PST local. La présentation des dossiers est en cours et je me réjouis du dynamisme que manifestent déjà les autorités communales.

 

Il ne s’agit pas, pour autant, de négliger les villes et communes de moins de 50 000 habitants. Au contraire, la définition de la PIV va nous permettre de recentrer sur les autres entités, les dispositifs de rénovation et de revitalisation urbaines. Nous allons donc consacrer plus de moyens à moins de communes, pour soutenir, là aussi, des investissements nécessaires et porteurs. Cela passera par une réforme des dispositifs actuels, pour les rendre plus accessibles et plus performants.

 

Enfin, je n’oublie pas que, si la Wallonie rayonne par ses centres, elle est également faite d’un maillage de petites communes de moins de 12 000 habitants.

 

Quelque 170 entités qui regroupent plus d’un million de personnes ; 28 % de la population mais 68 % des communes de Wallonie.

 

Je vous annonce aujourd’hui mon intention de leur accorder une attention particulière ; parce que je sais qu’elles font face à des problèmes spécifiques. Elles disposent de moyens matériels et humains limités, pour rencontrer la plénitude des attentes citoyennes, sur des territoires parfois très étendus.

C’est pour cela qu’un volet du triptyque régional prévoit l’affectation d’une enveloppe budgétaire à l’opération « Cœur de village », et le lancement d’un échange approfondi avec les autorités concernées.

 

Je vais ainsi entamer un tour de ces communes ! pour cerner au plus près leurs besoins et le contexte, souvent difficile, dans lequel elles évoluent ; notamment face aux enjeux de la technicisation et de la numérisation.

 

Je veux me fonder sur un diagnostic le plus précis et le plus actuel possible. Nous l’établirons ensemble ! dans le cadre des visites et ateliers que je lancerai dès janvier. Je ne peux pas faire de miracle — ce n’est pas ce que vous attendez de moi — mais nous pouvons ensemble rechercher les meilleures réponses aux défis qui sont les vôtres. Cela passera par le dialogue qui s’annonce.

 

Cette réflexion nous conduits naturellement à la question de la masse critique nécessaire pour répondre à un certain nombre de besoins contemporains. Elle nous conduit à la nécessité de dépasser les cloisonnements dans des formes opportunes.

 

C’est, pour moi, tout le défi de la supracommunalité !

 

La supracommunalité qui, là encore, face aux crises, s’est imposée dans les faits et dans l’action.

Je pense à l’achat des masques aux premiers temps de l’épidémie ; avec des initiatives que la Région a consacrées en décidant d’assumer forfaitairement les coûts engendrés.

Je pense aussi à la manière dont les communes liégeoises ont choisi de se coordonner pour assurer le bon usage du pass sanitaire, avant que le gouvernement ne fixe un cadre global pour la Wallonie.

 

Là encore, les autorités wallonnes ne sont pas étrangères à ce mouvement. Elles ont soutenu l’émergence ou la stabilisation de projets de territoire fondés sur un espace cohérent d’un point de vue géographique et communautaire.

Treize initiatives supracommunales, regroupant 218 communes et représentant 87 % du territoire, ont ainsi été reconnues et bénéficieront d’une subvention pendant deux ans.

 

Dans le respect de l’autonomie communale, il s’agit de soutenir un processus de recomposition volontaire du paysage supracommunal wallon, depuis le terrain ; avec pour objectif une couverture de cent pour cent du territoire.

Les années à venir nous donnerons l’occasion de faire mûrir cette réflexion, qui n’a rien de théorique.

 

Le dernier concept que je mettrai donc en avant est celui du partenariat ; un partenariat appelé à se développer toujours plus et toujours mieux avec la Région.

Ce qui passe par la simplification administrative et la digitalisation que nous continuerons de soutenir.

 

Mais ce qui passe au premier chef par une attention portée à la situation alarmante des finances locales. Feindre de l’ignorer ou choisir de regarder ailleurs serait irresponsable !

Même si toutes les entités font face à des défis budgétaires importants, chacune doit assumer sa part de responsabilités.

À commencer par le fédéral qui ne peut imposer toujours plus de missions aux communes sans les assortir des moyens équivalents. Aujourd’hui, ces charges fédérales qui pèsent de manière structurelle sur les pouvoirs locaux sont devenues insupportables. Nous ne manquerons pas de le redire, en portant votre voix, là où elle doit être entendue. La Région n’a pas tous les pouvoirs mais, je vous le confirme, le Gouvernement wallon ne laissera pas tomber les communes.

 

Et ainsi, nous continuerons à avancer de pair, dans la voie du progrès et le sens de l’histoire.

 

Tout indique, en effet, que l’avenir des Wallonnes et des Wallons est d’abord entre leurs mains. Face aux défis immédiats comme à plus long terme, notre avenir passe par une affirmation toujours plus forte de la Wallonie ; une Wallonie faite de ses villes et communes, où s’enracine, vit et travaille notre population.

 

L’articulation entre ces deux niveaux de la représentation démocratique et de l’action publique doit donc être toujours plus intime, fluide et efficace ; dans une logique d’appui, plutôt que de contrôle.

 

Ce salon, qui réunit nos expertises depuis seize éditions déjà, est un catalyseur de ce partenariat gagnant entre les acteurs régionaux et locaux.

 

Je suis heureux de vous y accueillir et, plus encore, de vous y entendre, dans toute la vitalité de l’échange direct qui s’impose en famille.

 

Merci pour votre présence nombreuse et bon salon des mandataires à toutes et à tous.

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