La Maison liégeoise est centenaire !

La société de logement de service public célèbre le centième anniversaire de sa constitution, au travers d'une intéressante exposition présentée au Musée Curtius.

Constituée en janvier 1921, La Maison liégeoise est l’une des premières sociétés belges de logement de service public.

 

Quelques images de l'expo et de son vernissage

La société de logement de service public (SLSP) « La Maison liégeoise » célèbre cette année le centième anniversaire de sa constitution. À cette occasion, une exposition est présentée au Musée Curtius. La galerie y est accessible au public, gratuitement, jusqu’au 29 octobre. L’expo, riche d’une centaine de plans, photos et autres documents, sera ensuite transférée au siège de la société.

 

Donc centenaire, « La Maison liégeoise » dessert aujourd’hui Liège, ainsi que les entités de Burenville, Cointe, Sainte-Walburge, Sainte-Marguerite, Nord (Saint-Léonard), Thier-à-Liège, Outremeuse, Vennes, Amercoeur et Droixhe.

 

Elle compte à ce jour 3 893 logements, dont plus de 90 % d’appartements, répartis sur le territoire de la Ville de Liège : 3 744 appartements et 149 maisons.

 

Prise de parole du ministre wallon Christophe Collignon, lors du vernissage de l’exposition anniversaire, au Musée Curtius, le jeudi 21 octobre 2021.

 

« Il y a tout juste deux ans, mon prédécesseur intervenait au colloque annuel de la Société wallonne du logement organisé sur le thème du centenaire de la politique du logement social, déjà sous l’égide de madame l’échevine.

 

Deux ans après, nous nous retrouvons, à nouveau à Liège, pour célébrer les cent ans de La Maison liégeoise.

 

C’est donc dire qu’il s’est écoulé très peu de temps entre le vote de la loi instituant la Société nationale des habitations et logements à bon marché, le 11 octobre 1919, et la naissance de votre société, le 15 janvier 1921.

 

C’est le signe d’un dynamisme social qui ne s’est jamais affaibli depuis, ni dans la Cité ardente, ni dans votre SLSP qui maille aujourd’hui les quartiers liégeois de près de 4 000 appartements.

En 1919, nous étions, serais-je tenté de dire, à l’aube de tout.

 

Nous venions de conquérir le suffrage universel. Nous allions créer le Fonds national de crise, premier jalon de l’assurance chômage (1920). Joseph Wauters, illustre mandataire de Huy-Waremme, allait faire adopter la loi sur les pensions de vieillesse (1920) et la journée de travail de huit heures, posant les fondements de la sécurité sociale. Et Jules Destrée allait se saisir de la récente obligation scolaire pour créer les cours d’éducation physique et faire voter la loi sur les bibliothèques publiques (1921).

 

En un mot, au sortir des heures sombres de la Grande Guerre, nous commencions à donner corps à des droits sociaux qui, jusqu’alors, étaient les grands oubliés de notre Constitution.

Ils mettraient d’ailleurs du temps à y entrer formellement, puisqu’il faudra attendre 1993 pour que la loi fondamentale proclame le droit de chacun « de mener une vie conforme à la dignité humaine » (art. 23). Ce qui inclut « le droit à un logement décent », notamment cher à notre regretté Willy Taminiaux.

 

Heureusement, nos prédécesseurs progressistes n’ont pas attendu cette consécration formelle pour agir. Et, comme souvent, cette action a largement émané du terrain, pour se structurer à partir du niveau local, en résonnance avec un cadre légal qui s’est précisé au fil du temps, tant pour soutenir le logement public, que pour encadrer le logement privé ou favoriser l’accès à la propriété.

Par votre exposition, vous faites indirectement référence aux grands jalons de cette politique multiforme.

 

On pense notamment à la loi sur les loyers, portée par Laurette Onkelinx dès 1991. Ou encore aux agences immobilières sociales développées par mon père, Robert Collignon, à partir de 1993. Évoquons également le Code wallon du logement (1998), le plan « habitat permanent » (2002), la législation sur la garantie locative de 2007 et les différents plans d’ancrage.

Plus près de nous, on pensera peut-être aussi, je l’espère, à la grille indicative des loyers — que nous allons d’ailleurs dupliquer pour le logement « étudiant » —, au prêt à taux zéro pour la constitution de la garantie locative, ou à la lutte contre toutes les formes de discrimination ; ainsi, bien sûr, qu’aux programmes successifs pour la rénovation et la création de logements publics.

 

C’est toute l’ambiguïté des centenaires que nous célébrons, ces années-ci, avec les sociétés pionnières. D’une part, ils éclairent le chemin parcouru ; et — soyons de bon compte — il est immense depuis les premières initiatives qui visaient à extraire l’ouvrier d’un environnement proprement indigne de nos sociétés. Mais, d’autre part, ils soulignent aussi l’ampleur de la tâche qu’il reste à accomplir pour rencontrer, pour chacun, ce besoin pourtant élémentaire.

 

Un siècle d’efforts permanents… et encore tant à faire ! C’est le constat qu’on pourrait poser, tout en repoussant la tentation du découragement. Mais il faut néanmoins considérer la question dans toute sa complexité.

 

La demande non satisfaite de logement tient, pour une part, à l’évolution de la société et de la famille, qui est bien différente de celle qui s’imposait voici un siècle. Vieillissement de la population, autonomisation des femmes, des aînés et des jeunes, nécessité de prendre en compte les choix de vie, le handicap et, bien sûr, les impératifs climatiques… la question de l’habitat s’est indéniablement complexifiée au fil du temps.

 

Cela n’enlève cependant rien au fait que le mal-logement continue de trouver sa cause première dans l’impossibilité pour de nombreux ménages de faire face à son coût ; une douloureuse réalité qu’alimentent encore la flambée des prix de l’immobilier, l’insuffisance de l’offre et la restriction des conditions d’accès aux prêts hypothécaires.

 

Toutes ces réalités, toutes ces difficultés, appellent des mesures adaptées, dès lors qu’il n’est pas de solution miracle, ni de réponse unique à ces obstacles à l’accès au logement décent.

Voilà pourquoi nous agissons pour élargir l’accès au crédit social.

 

Voilà pourquoi nous développons des instruments de guidance et d’encadrement sur le marché locatif privé, depuis la conditionnalité des primes régionales au respect de la grille des loyers, jusqu’au soutien à la mise en gestion via les AIS. Et voilà pourquoi, bien sûr, nous soutenons, plus que jamais, une ambitieuse politique du logement public. Elle s’est traduite dès les premiers mois de la législature, par le grand plan wallon de rénovation, qui consacrera 1,2 milliard d’euros à la mise aux normes et au renforcement des performances énergétiques de quelque 26 000 logements publics. 846 sont concernés à La Maison liégeoise.

 

Elle passe par le programme 2021 d’embellissement et de sécurisation du parc public consacré aux logements de plus de dix ans présentés par les SLSP (24 millions, pour un subventionnement à 75 %). Il sera complétement commandé d’ici à la fin de cette année et concernera pas moins de 1 778 logements pour votre société.

Et elle passe aussi, évidemment, par la construction. Nous avons déjà lancé un appel à projets pour la construction rapide de 215 logements (81 millions). C’est une première étape vers l’objectif d’accroissement net du parc public wallon de 3 000 logements, à l’horizon de 2024. Mais, de tout cela, nous aurons l’occasion de reparler en temps opportun ; car, vous le savez, mon action s’inscrit en permanence dans le dialogue et le partenariat avec les opérateurs locaux que vous êtes.

 

L’histoire sociale de la Wallonie, que votre exposition éclaire sous un jour patrimonial très intéressant, est faite de cette résonnance féconde. Et j’entends bien continuer à l’entretenir.

Ma présence, ce soir, à l’occasion de cette rencontre mémorielle et conviviale, s’en veut un témoignage supplémentaire, si besoin en était.

 

Merci donc pour votre invitation, bon anniversaire et, surtout, bonne continuation ! »

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